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J’ACCEPTE ET JE LÂCHE LA PRISE

J’ai remarqué que le mot lâcher-prise était à la mode et que l’on utilisait ce terme à tout va. Surtout pour spécifier à une personne qu’il ne sert à rien de contrôler une situation, une tierce personne ou soi-même. Alors on parle de lâcher-prise et d’acceptation.

J’ai pensé à un certain moment qu’accepter, c’était renoncer et baisser les bras.

J’étais dans l’erreur et je m’en suis heureusement rendu compte.

Je n’ai jamais accepté ce monde tel qu’il était. Je cherchais à comprendre l’incompréhensible et me focalisais sur ce qui n’allait pas : les injustices, les guerres ou les comportements déviants. À quoi cela m’a-t-il amené ? De la frustration et du chagrin. Je me focalisais certainement trop sur ce qui n’allait pas.

En comprenant que ce que nous vivons est la résultante d’un processus bien plus lointain et complexe que ce qu’on peut bien croire, et en être offusqué et horrifié ne sert à rien dans le changement de celui-ci. Se focaliser uniquement, je dis bien uniquement sur ce qui ne va pas c’est manquer l’autre côté et se maintenir dans la dualité. Ce qui reflète la dualité intérieure.

Lorsque j’ai bel et bien compris que toutes les injustices extérieures n’étaient que le reflet de nos sentiments intérieurs, cela a été une grande révélation pour moi.

Suis-je toujours juste ? Suis-je toujours en harmonie ? Suis-je toujours présente ? Non.

Il n’est donc pas juste de reprocher au monde ce que nous ne sommes pas capables d’émettre en nous, dans notre intérieur et notre environnement le plus proche.

Il y a cependant des choses inacceptables qui se passent ici-bas.

Sous prétexte que je n’ai aucun effet direct sur certains phénomènes, alors dois-je accepter la pédophilie ? Le racisme ? La torture ? L’esclavage ? La maltraitance sous toutes ses formes ? Je ne crois pas, non.

La question n’est pas l’accepter dans le sens de l’approuver mais l’accepter comme faisant partie d’une certaine réalité intégrée à ce monde. C’est un fait. Que cela révèle-t-il ? Et maintenant que faire ?

Puis-je changer la chose ? Puis-je la dénoncer ? Puis-je moi-même représenter ce que je considère être l’intégrité ou l’harmonie ?

Il y a parfois cette mémoire qui revient : ne pas accepter des règles qui ne me semblent pas justes, ne pas accepter ce que l’on me présente comme étant une vérité sans qu’elle ne corresponde pas à la mienne, ne pas accepter les atrocités qui se déroulent aujourd’hui dans le monde, dans les organisations secrètes et ailleurs et ne pas accepter la domination et l’aliénation que certains peuples continuent à subir, etc…

Je ne peux donc point détourner le regard de ce qui est devant moi.

 

ACCEPTER ET CONSENTIR

Je crois qu’il y a un piège dans ce mot : la déresponsabilisation.

Certaines personnes ne se sentent pas concernées par les injustices ou les dérives que ce monde arbore sans honte sous prétexte d’acceptation. Ils sortent cette carte joker pour dire :  »ben c’est comme ça »  »C’est Dieu qui l’a voulu »  »Il faut accepter la réalité »  »Ben kes tu pô faire ? »  »ça ne me regarde pas, j’ai déjà assez de soucis comme ça ! ».

Et voilà la porte ouverte au détournement de regard : des gens souffrent mais le plus important est d’être heureux :  »be happy ! ». Mince ! Qu’est-ce que c’est que ça ! Je le remarque plus encore depuis que je vois tout ce qui se passe autour du développement personnel. Détourner le regard de ce qui se passe autour de soi c’est se détourner de soi-même !

C’est comme si dans cette sphère, le lâcher-prise était synonyme de  »jemenfoutisme’‘ et que le détachement signifiait  »je m’occupe de mon nombril ».

Je crois bien que cela donne le monde d’aujourd’hui et les horreurs qui sévissent.

Bon ben j’accepte : tout est parfait puisque c’est l’oeuvre de la Création ! Et je ne fais rien en me complaisant dans mon petit confort (qui soi dit en passant ne durera point).

 

IL Y A TOUJOURS QUELQUE CHOSE À FAIRE

Je comprends mieux ce qu’est l’acceptation aujourd’hui.

Accepter que le monde ne tourne pas rond, c’est se concentrer sur notre propre destinée. Sur son travail intérieur. C’est loin d’être évident pour des personnes très empathiques et très sensibles à ce qui se passe autour d’elles, mais ce n’est pas incompatible.

Comment est-ce que je peux représenter, à mon échelle, ce que je veux voir un jour se manifester dans ce monde ? Est-ce que si j’ai la possibilité d’agir je le ferai ? Est-ce que le travail intérieur est incompatible avec des actions militantes ?

J’ai tendance à dire que non, tout dépend du type d’actions entreprises et de la conscience qui l’entreprend.

Et voilà que mes petites histoires interviennent ! Celles qui maintiennent le cap vers notre propre réalisation et objectifs. C’est ma manière d’aborder la vie, à moi. D’amener de la magie partout, du mieux que je peux. Quelque peu enfantine et innocente parfois et c’est tant mieux. Cela balance avec mon côté très sérieux et intellectuel.

 

C’est une des raisons pour lesquelles une des stratégies des matérialistes endurcis est de TUER LES RÊVES.

Tuer les rêves pour ancrer les êtres dans une fausse réalité terre à terre et les charger de toutes les lourdeurs que la bassesse de ce monde peut contenir. Cela commence très tôt, surtout avec les enfants très sensibles et encore empreints d’une pureté palpable : il faut le sortir de son monde, c’est un rêveur ! Toujours la tête dans les nuages ! Il a trop m’imagination !

Il faut les préparer à la dureté de la vie, qu’ils deviennent de vrais hommes et des femmes. Il faut être pragmatique, rationnel, cartésien, dur et terre à terre.

Et voilà que vient l’adolescence avec le début de l’abandon de ses rêves pour certains ou d’autres qui se confrontent  »aux réalités du marché du travail », etc…

Où est la poésie active ? Où sont les rêves ? Où est la légèreté et l’innocence ? Où sont les rires d’antan ?

Et si les deux n’étaient pas incompatibles ? Et si cette partie analytique, organisationnelle et terre à terre était au service de cette imagination ? De ces rêves ? Et si chacun se délestait de cette charge terrienne et utilisait toute cette énergie à disposition pour bâtir ses rêves ?

Je ne parle pas des rêves matérialistes car il y a rêve et rêve…

Il y a ceux qui rêvent d’être célèbres, d’avoir une grande maison, voiture, d’être physiquement immortels, de faire le tour du monde, etc… Je ne parle pas de ces rêves, non. Je parle de ceux dans lesquels ne régneraient que Bonté, Justice et Vérité.

C’est en ce sens que l’imagination joue un rôle essentiel dans la résolution de problématiques  »concrètes » ou au franchissement d’un obstacle. L’imagination, utilisée à bon escient devient une porte ouverte à des scénarios que l’on croyait impossibles à réaliser.

La créativité et l’ingéniosité sont des énergies que l’on a déjà en nous. Certains laissent plus libre cours à leur créativité que d’autres et chacun l’exprimera sous la forme qui lui est propre.

Donc non je n’accepte pas ce qui se passe dans ce monde, par contre j’use d’un minimum d’imagination afin de semer à mon échelle ce que je veux voir apparaître dans ce monde. À commencer par moi !